Monday, March 2, 2009

L'affaire UBS telle qu'elle AURAIT dû être gérée


On commence ces jours, plus de deux semaines après la décision commune du Conseil Fédéral, la Finma (dirigée par un ex-UBS) et de l'UBS, à entendre des suggestions qui pourraient laisser entendre que des plaintes soient portées, en Suisse, contre ceux de l'UBS qui ont généré ce scandale.

C'est quand même assez incroyable de se dire que le Conseil Fédéral (CF) peut prendre une décision aussi grave (la levée du secret bancaire), qui viole une des spécificité fondamentale du droit suisse (si l'on trahit le secret bancaire, c'est la prison!) sans autre explication que "c'est pour sauver l'UBS et des jobs".

Si vraiment cette levée était nécessaire, le CF aurait dû dire "nous sommes dans un cas d'extrême urgence. Nous devons déroger aux règles tout à fait exceptionnellement, les coupables seront punis". Il me semble que la dernière partie du message manque singulièrement: nous devons préserver l'image de la Suisse dans le monde. Nous sommes peut-être un "paradis fiscal", mais notre pays n'encourage pas activement les super-riches d'autres nations à frauder leur fisc pour économiser de l'argent aux dépends de leurs co-contribuables.

Si l'on assortit pas cette décision d'une chasse aux coupables, qui peut raisonnablement penser que ce sera la dernière fois? Et comment savoir qui, au sein de l'UBS, était un "méchant" et pas? Il y a toutes les chances que votre gestionnaire à la succursale de Carouge n'a rien à voir avec ces fraudes.

L'UBS avait une équipe de plus de 200 personnes, armées de processus ultra-rodés pour convaincre les clients américains de frauder leur fisc. Outre l'extrême bêtise de ce procédé (qui peut raisonnablement penser que l'on s'attaque aux USA comme ça…), ces pratiques ont affaiblit la place financière suisse d'une manière jamais atteinte. Et pour quelle raison? A cause de vautours arrogants qui ont cru qu'ils étaient plus forts que les autres.

Il est temps de remettre l'église au milieu du village et de proclamer haut et fort que nous faisons ce que nous voulons chez nous (le secret bancaire), mais que nous n'allons pas démunir les autres nations, en tout cas pas activement. Tant qu'il y aura Monaco, le Liechtenstein, l'île de Man, le Panama, etc, je ne vois aucune raison à abandonner le secret bancaire.

Il me semble aussi que le Conseil Fédéral devrait tout mettre en place pour punir ceux qui l'ont contraint à baisser sa culotte et ridiculiser la Suisse dans le monde. C'est une question de survie, d'image de la Suisse à l'étranger et d'affirmation des valeurs que nous chérissons telles que l'honnêteté et la justice.

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